Le plancher océanique arctique piège 90 % du carbone du pergélisol
Selon une étude publiée dans Nature Geoscience le 3 août 2026, seulement environ dix pour cent du carbone organique présent dans les sédiments côtiers issus du dégel du pergélisol est transformé en gaz à effet de serre pouvant atteindre l'atmosphère, le reste demeurant enfoui dans les fonds marins.
Le pergélisol arctique renferme environ 1 300 gigatonnes de carbone organique, auxquelles s'ajoutent 400 gigatonnes stockées dans les sédiments océaniques et les deltas fluviaux. Le réchauffement provoque l'érosion des côtes, libérant jusqu'à 0,02 gigatonne de carbone dans la mer chaque année, un chiffre qui pourrait augmenter de 70 à 150 % d'ici 2100, a déclaré le Dr Manuel Ruben, auteur principal de l'Institut Alfred-Wegener (AWI).
Les chercheurs ont analysé des carottes de sédiments prélevées au large de Qikiqtaruk (île Herschel) au Canada, représentant environ 50 ans de dépôts. À l'aide d'isotopes du carbone, ils ont constaté que les micro-organismes marins consomment préférentiellement le carbone frais des algues océaniques, laissant la majeure partie du carbone issu du pergélisol enfouie.
La professeure Gesine Mollenhauer, géochimiste à l'AWI et co-porte-parole du pôle d'excellence « Le plancher océanique – l'interface inexplorée de la Terre », a décrit les microbes vivant dans les sédiments comme des bactéries « gourmandes » qui préfèrent le carbone frais des restes d'algues récents aux dépôts anciens du pergélisol.
Ces résultats suggèrent que le carbone issu du dégel du pergélisol pourrait contribuer moins que redouté aux niveaux de gaz à effet de serre atmosphériques. Cependant, les chercheurs avertissent qu'une partie du carbone du pergélisol peut se décomposer avant d'atteindre le plancher océanique, et des recherches supplémentaires sont nécessaires.
Cette étude fournit une base plus précise pour les modèles climatiques prédisant l'impact mondial du dégel du pergélisol. La campagne internationale « Arctic Pulse », prévue pour 2027, utilisera le brise-glace de recherche Polarstern, les avions de l'AWI et des sites terrestres pour explorer plus en détail comment le carbone du pergélisol affecte les écosystèmes côtiers, notamment la pénétration de la lumière et le réseau trophique.
Sources
- ScienceDailySecondaire
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