Le télescope Roman de la NASA, à 4 Md$, proche du décollage

Le télescope spatial Nancy Grace Roman de la NASA, un observatoire phare à 4 milliards de dollars, doit décoller dimanche 30 août à 13h26, heure de Paris (7h26 heure locale), à bord d'une Falcon Heavy de SpaceX depuis le complexe de lancement 39A du Kennedy Space Center, avec une fenêtre de secours le lundi suivant. Déjà scellé dans la coiffe de la fusée, le télescope a rejoint cette semaine le hangar SpaceX du complexe de lancement, où les équipes l'arrimeront à la Falcon Heavy dans les prochains jours, avant la revue de préparation au lancement prévue vendredi 28 août.
Une fois lancé, Roman passera environ 30 jours en croisière vers le point de Lagrange Soleil-Terre L2, à quelque 1,5 million de kilomètres de la Terre, où il rejoindra Webb sur une orbite à l'abri de la chaleur et de la lumière du Soleil.
La raison d'être du télescope repose sur un seul choix de conception : un miroir primaire de la même taille que celui de Hubble, 2,4 mètres, associé à une caméra qui capture un champ de vision au moins 100 fois plus large. Cette combinaison permet à Roman de balayer le ciel jusqu'à 1 000 fois plus vite que Hubble tout en conservant une netteté et une sensibilité infrarouge comparables — le seul moyen pratique de s'attaquer à des questions qui exigent d'observer un nombre énorme d'objets à la fois plutôt qu'une seule cible en détail.
Le gain en matière d'exoplanètes se traduit par un chiffre plus concret. La NASA s'attend à ce que le relevé temporel du bulbe galactique de Roman, qui observera environ 100 millions d'étoiles pendant des centaines de jours pour repérer des variations de luminosité vers le centre encombré de la Voie lactée, permette de trouver environ 2 500 planètes grâce à une technique appelée microlentille gravitationnelle. Cette méthode atteint des mondes que les relevés actuels manquent systématiquement : des planètes plus petites que Mars, et d'autres en orbite assez éloignée de leur étoile pour se situer à des distances comparables à celles de Jupiter ou Saturne, plutôt que sur les orbites serrées que privilégie la méthode des transits, plus courante.
L'autre objectif phare du télescope est l'énergie noire, ces quelque 68 % du contenu total de l'univers déduits de l'accélération cosmique plutôt qu'observés directement. En suivant comment cette accélération a évolué sur des milliards d'années à travers d'immenses volumes de ciel, Roman est conçu pour vérifier si l'influence de l'énergie noire varie dans le temps, ou si l'anomalie signale plutôt une rupture de la relativité générale aux plus grandes échelles.
Cet article a été mis à jour avec de nouveaux détails sur la revue de préparation au lancement, l'état d'avancement actuel et les objectifs scientifiques précis de la mission en matière d'exoplanètes et d'énergie noire.
Associé
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