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Claude repère un système enzymatique de type CRISPR en 21 heures

Publié le 3 min readPar NewUJ Editorial Desk

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Claude repère un système enzymatique de type CRISPR en 21 heures
Photo : Anthropic
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Anthropic dit avoir trouvé un système enzymatique inconnu, et dit dans la même phrase ignorer à quoi il sert. La société a publié le 23 septembre 2026 que son modèle Claude avait identifié de manière autonome, dans l'ADN de bactériophages, les virus qui infectent les bactéries, un système jusque-là non caractérisé qu'elle nomme transcriptases inverses associées à un réseau (ART). Ses premières expériences montrent, selon elle, que le réseau est transcrit en une série d'ARN courts distincts, et les travaux sur sa fonction principale se poursuivent.

Le système comporte trois éléments, décrit la publication: une transcriptase inverse, l'enzyme qui recopie l'ARN en ADN; un gène partenaire de fonction inconnue placé à côté; et un long réseau de répétitions d'ADN régulièrement espacées. Cette disposition rappelle un réseau CRISPR. La transcriptase inverse elle-même, repérée dans un phage géant, figurait déjà dans des études antérieures: la nouveauté, selon Anthropic, est que Claude semble le premier à avoir remarqué ensemble le réseau et la protéine accessoire.

La recherche a duré 21 heures. Le rapport technique d'Anthropic précise qu'environ 950 agents ont consommé quelque 210 millions de tokens sur une base de 1,9 milliard de groupes protéiques métagénomiques. Les agents ont rassemblé plus de 200 000 transcriptases inverses, isolé 3 500 systèmes candidats, puis retenu les 20 plus marquants, chacun rédigé en rapport destiné à une relecture humaine. Des 3 500 systèmes candidats, environ un sur 175 est donc parvenu jusqu'à un lecteur humain.

L'entreprise a aussi publié ses échecs. Elle a relancé la même campagne dix fois et, selon le rapport, le réseau de répétitions a été manqué à chaque relance, ce qu'elle attribue à l'étendue de l'espace de recherche et au caractère non déterministe de son environnement d'agents. Lors de tests à entrée fixe, les modèles les plus performants ont décrit correctement le réseau dans au moins 90% des tentatives quand les séquences étaient placées directement dans leur contexte, contre 32% au plus bas lorsqu'ils devaient passer par des fichiers et des outils. Anthropic avance une explication: 39% des tentatives sur fichiers n'ont jamais lu 200 nucléotides consécutifs, et n'ont donc jamais vu plus d'une unité de répétition.

Les réactions divergent. Feng Zhang, du MIT et du Broad Institute, l'un des pionniers de l'édition du génome par CRISPR, a jugé sur la page d'Anthropic qu'il s'agit d'"un exemple enthousiasmant de la façon dont les agents d'IA peuvent contribuer à la découverte biologique". Le bio-ingénieur de Stanford Stanley Qi a déclaré à Al Jazeera que le résultat était "incroyablement enthousiasmant". Kevin Blake, microbiologiste à la faculté de médecine de l'université Washington, a été plus réservé auprès du même média: "Rien n'indique que ce soit un rival de CRISPR en tant que technologie, ni que cela puisse déboucher sur une quelconque application thérapeutique ou pratique".

Le directeur général d'Anthropic, Dario Amodei, a écrit sur X, rapporte Al Jazeera, que l'entreprise soupçonne cette machine moléculaire de "représenter un nouveau mécanisme d'édition génétique". C'est une hypothèse et non un résultat, et le texte d'Anthropic indique que la fonction n'est pas déterminée. Restent vérifiables les expériences de laboratoire annoncées et la capacité d'équipes extérieures à refaire l'analyse à partir de la prépublication.

Note de transparence: le processus éditorial de NewUJ utilise les modèles Claude d'Anthropic.

Sources

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